TRINITY SESSION Hobbs/Neustetter
(Afrique du Sud)


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Résidence en avril 2011 à Fort de France (Martinique) dans le cadre ROSE DES VENTS NUMÉRIQUES
Projet d’essaimage - Art numérique Afrique / Caraïbes


La ville de St Pierre sur la cote Ouest de la Martinique porte les stigmates par la dévastation de la ville suite à l’éruption du Mont Pelée, au début du XXe siècle. Au sein même de la ville d’aujourd’hui, les ruines et les bâtiments fantômes rappellent aux habitants la relation ténue qui persiste entre la vitalité de la modernité et les forces de la nature. Ainsi, la ville continue de se construire et de se peupler sur le chemin de futures coulées. Bien sûr, l’observatoire sismographique perché dans les montagnes surveille l’activité du Mont Pelée, et peut détecter la présence de fumées alarmantes bien en amont d’une probable éruption. Il n’en reste pas moins la réalité d’une ville en perpétuelle balance entre la vie et la mort, même si l’éventualité d’une éruption dépasse l’échelle de nos vies humaines.

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À partir de l’esprit des lieux, les artistes Hobbs et Neustetter créent une intervention urbaine spécifique. Dans les ruines de Saint-Pierre, sur le site de l’ancien théâtre, les artistes vont projeter des dessins de la ville telle quelle fut autrefois, avant l’éruption. Ces images seront projetées sur des nuages de fumée émanants des fondations de l’ancien théâtre. Cette situation temporaire sera filmée. De courtes séquences vidéos seront réalisées puis projetées à Fort de France, dans un espace urbain.

Par leur démarche artistique, Hobbs et Neustetter cherchent à révéler les contradictions et les frictions d’un lieu ou d’un territoire. En Martinique, la ville de Saint Pierre représente la ville historique de l’ile, en opposition à la ville moderne et commerciale de Fort de France. En superposant leur interprétation poétique de l’éruption du volcan de 1902 sur les murs de Fort de France, les artistes révèlent la tension toujours à l’oeuvre entre l’identité de ces deux villes.



Résidence en mai 2010 à Kër Thiossane dans le cadre du Festival Afropixel #2

ENTRACTE

Entracte s’agit d’une intervention urbaine, une projection nocturne avec environnement sonore, présentée publiquement sous la forme d’une intervention expérimentale in situ. La Performance a eu lieu sur un immeuble en construction, déjà occupé, situé dans le quartier Zone A, derrière le cinéma El Mansour et le centre Culturel El Mansour. L’axe artistique du projet repose sur le contraste entre l’utilisation d’outils technologiques (projecteurs, lasers équipement sonore de pointe) et de l’utilisation de matériel low tech, de la vie quotidienne : eau, torches, sons acoustiques...





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Résidence en mai 2006 à Kër Thiossane dans le cadre de l’Off de la Biennale de L’Art Africain Contemporain de Dakar

UrbaNET

Lors d’un repérage récent pour un projet de régénération urbaine à la bordure du quartier de Hillbrow, dans un terrain dégradé du centre ville, considéré en 2004 comme dangereux, Stephen Hobbs et Marcus Neustetter se sont trouvés en présence de deux Africains francophones qui les ont mis en garde sur le fait que d’entrer dans Hillbrow avec un appareil photo, serait peu prudent. Comprenant un peu le français, Stephen et Marcus les ont remerciés de la mise en garde et leur ont expliqué qu’ils en avaient connaissance et qu’ils n’étaient pas des touristes. Mais n’étaient-ils pas des touristes dans leur ville natale ? Sur la base de cette expérience, Hobbs et

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Neustetter ont souhaité que les immigrants sénégalais, qui habitent dans le quartier de Hillbrow, participent à une opération de navigation longue distance à travers Dakar. Cette opération est une extension de leur projet en cours intitulé UrbaNET - Tango City, Johannesburg, qui porte sur l’exploration et la découverte d’une ville par la navigation et la localisation au moyen de la technologie disponible localement. Demander aux immigrants de « diriger » Hobbs et Neustetter est la base d’une orientation UrbaNET à Dakar. Pour commencer, Hobbs et Neustetter ont dirigé des entretiens avec des immigrants sénégalais vivant à Hillbrow, pour en savoir plus sur Dakar et ainsi créer une carte d’orientation de la ville sur la base des souvenirs des répondants. Les résultats de ces entretiens ont pris la forme d’enregistrements sonores, de vidéos, de traductions, de photographies, d’instantanés personnels des immigrants, d’instructions dessinées à la main, de cartes, d’objets et de souvenirs, de tuyaux et de mises en garde. Ce matériau de base est devenu un « manuel de référence » pour naviguer dans la ville et a servi de matériau pour l’installation qui se tient à Kër Thiossane.

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Arrivés à Dakar, Hobbs et Neustetter ont navigué dans la ville en suivant les instructions fournies par les répondants de Johannesburg. La documentation et leur expérience ont été traitées, cartographiées et présentées sous la forme d’une installation à technique mixte. L’exposition de l’installation s’est servie de la technologie pertinente au contexte incorporant une documentation photographique, vidéo et sonore ainsi que des objets trouvés, le manuel de référence, le matériau des entretiens, les cartes faites à la main et les notes prises. L’objectif de ce projet est la découverte du lieu, l’expérience de la ville à travers la communication, les souvenirs et la navigation personnelle ainsi que la prise de contact et l’interaction personnelle. Après cette exposition à Kër Thiossane, l’installation reviendra en Afrique du Sud et sera exposée à Hillbrow dans un lieu approprié afin de fournir un feedback aux personnes qui avaient initialement participé aux entretiens, ainsi qu’à d’autres immigrants sénégalais et au public du quartier.