PARTCOURS#8 – "Ruines et Futurs" — Ker Thiossane

Artistes residents : Stéphane Verlet-Bottéro & Hamédine Kane

Installation Multimédia

Dans le cadre de la huitième édition de Partcours, Kër Thiossane présente Ruines et Futurs, installation multimédia de Stéphane Verlet-Bottéro et Hamedine Kane et deuxième chapitre de leur recherche au long cours intitulée « L’Ecole des Mutants ». Cette enquête retrace l’histoire oubliée d’expériences radicales en matière d’éducation à la suite de l’indépendance du Sénégal. Prenant la forme d’études de terrain, d’assemblées spéculatives, de création vidéo et de travaux d’archives, leur démarche mobilise des espaces et des temporalités pluriels.

Des visions contrastées de la décolonisation s’entremêlent, de la mémoire des pontins de Gorée à l’Université du Futur Africain abandonnée à Sébikotane. C’est là, au milieu des champs, que s’écrit encore le récit du futur, avec l’urbanisation à marche forcée de la « smart city » Diamniadio au rythme de « l’émergence ». Le dispositif questionne la place laissée aux citoyens dans la production du territoire ainsi que les forces de privatisation et d’homogénéisation à l’œuvre dans la réécriture néolibérale de la ville.

Une Assemblée des Futurs Africains s’est tenu au pied des ruines de l’Ecole Ponty de Sébikotane, le 1erdécembre, afin de de documenter la transformation du territoire et de faire valoir les observations, les revendications et les désirs des habitants.

Convoquant des réseaux d’interdépendances entre le paysage et ses habitants, l’architecture, l’agriculture, le sol, l’eau et la forêt,l’exposition présentée à Kër Thiossane le 4 décembre médite ces récits d’urbanisation accélérée et d’utopies délaissées.

Projet réalisé avec le précieux soutien de la fondation Heinrich Böll Stiftung, de l’Institut Français du Sénégal, de l’UNESCO et de Wallonie-Bruxelles International.


Assemblée Populaire

L’Assemblée des Futurs Africains, le dimanche 1er décembre à l’école primaire de Sébi-Ponty, avec les artistes Hamédine Kane et Stéphane Verlet-Bottéro, dans le cadre de leur projet "Ruines et Futurs" pour la huitième édition de Parcours, a été un moment fort.

L’occasion de parler en présence de M. le Maire de Diamniadio, des habitants de Diamniadio, de Sébikotane et des localités environnantes des enjeux de l’intercomunalité, de l’importance de la prise en compte des intérêts des populations et de la formation des jeunes pour la futur ville, du rôle capitale de l’agriculture et du patrimoine dans la zone...


Vernissage


Artistes Residents

Hamedine Kane est un artiste et cinéaste sénégalo-mauritanien. Il vit et travaille entre Bruxelles et Dakar. Ses œuvres récentes portent sur le thème de l’exil et de l’errance. Sa pratique artistique se développe en fonction du contexte de son travail, l’amenant à aborder l’espace public comme un lieu d’interaction et de rencontre. En 2018, il a entamé une nouvelle série de travaux sur l’héritage, la mémoire et la conscience nés de l’expérience politique de certains pays africains post-indépendance, intitulée "Le devenir révolutionnaire permanent". Interroger cette période récente de l’histoire africaine l’amène à revenir de plus en plus souvent au Sénégal après dix ans d’exil en Europe. Ce processus implique de nouvelles perspectives sur des sujets spécifiques tels que l’architecture, l’histoire, la géographie, l’urbanisme. Les dernières œuvres d’Hamedine Kane ont été exposées à la FIAC Paris en 2018, à la dernière biennale Dak’art sous la direction de Simon Njiami, au 1:54 Contemporary African Art Fair à Londres en 2017, et à la documenta 14 ("Every Time A Ear Di Sound", commissariat : Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Elena Agudio, Marcus Gammel). En 2018, il a eu une exposition personnelle à Clark House Initiative à Mumbai, organisée par Sumesh Sharma, avec qui il a poursuivi une collaboration au Showroom de Londres, et en 2019, une exposition personnelle intitulée Inhabitable à PointCulture à Bruxelles.

Stéphane Verlet-Bottéro est artiste-chercheur, ingénieur de l’environnement et curateur. Il est basé à Paris. Après une formation scientifique en gestion des écosystèmes (Ecole Centrale Paris), il a contribué à des projets d’écologie locale en Afrique Occidentale et Centrale. Il a ensuite étudié l’esthétique dans le contexte des mutations environnementales et de la biopolitique de la Terre (Central Saint Martins, Londres). À la croisée de la recherche, de la pratique sociale et de l’activisme environnemental, son travail artistique et curatorial développe des enquêtes in situ qui impliquent différents formats allant de l’étude d’archives à l’assemblée comme méthodologie pour le partage de savoirs et la médiation de problèmes environnementaux. Il est chargé de cours à l’Ecole Centrale Paris, collaborateur du réseau The Nature of Cities, comissaire associé du fonds européen NA Project pour l’art et l’environnement depuis 2011, co-fondateur de la plateforme d’art et d’agriculture Inland, commissaire depuis 2016 de la plateforme d’art et de permaculture Zone Sensible (Saint-Denis, France), artiste-chercheur associé du programme européen "Du conflit à la convivialité" à l’Ensad Paris. En 2017, il a co-publié Même si on pense que c’est foutu (L’Harmattan, Paris), un livre sur les alternatives et résistances populaires dans la Francophonie.


"Ruines et Futurs" brochure :

PDF - 1.5 Mo