Depuis 2008, le festival d’art numérique Afropixel interroge la place du numérique dans la société. Il est aujourd’hui reconnu internationalement pour sa qualité et ses propositions alternatives et pionnières en Afrique de l’Ouest. Ce festival est l’occasion d’inviter, à Dakar, des acteurs internationaux du numérique à échanger avec les acteurs locaux pour contribuer collectivement à une réflexion sur les technologies et à une meilleure perception et diffusion des arts numériques en Afrique.
Cette initiative permet effectivement au public et aux artistes sénégalais d’être en phase avec les mutations liées au développement des TIC et modes d’expression qui en découlent, tout en questionnant la préservation de leurs modèles et codes, leur système de croyances et valeurs. Cette année, le festival est organisé en partenariat avec le programme de recherche Digital Earth mis en oeuvre par Hivos. Cette septième édition d’Afropixel permettra aux artistes boursiers et mentors de se rencontrer, d’échanger et de partager l’objet de leurs recherches avec le public sénégalais.

DIGITAL EARTH


http://thedigitalearth.org

Digital Earth est un réseau unique d’artistes, de designers, de philosophes et d’érudits d’Afrique, d’Asie et d’ailleurs, qui questionnent le présent et expérimentent l’avenir technologiques. Il constitue un ensemble de recherches sur les pratiques esthétiques et l’imagination artistique. Ses activités principales sont le soutien et la diffusion par des résidences artistiques, des bourses de recherche, des expositions et des publications.

PROGRAMME :




Quelle est l’influence des systèmes de savoir, des traditions et des mythes fondateurs dans l’élaboration des technologies et leur usage au quotidien ? Comment les technologies résonnent-elles à travers les différentes cultures et systèmes de pensée ? A l’occasion du festival Afropixel#7, le Symposium Digital Earth, vous invite à vous joindre aux artistes, penseurs, commissaires et philosophes pour réfléchir aux liens qui unissent technologies et savoirs traditionnels afin de repenser les trajectoires du digital en Afrique.
Très souvent, la technologie nous est présentée comme un modèle universel dont Internet serait le standard qui unirait les cultures et les savoirs, alors qu’il est le produit d’une imagination culturelle très spécifique. Comme le souligne le philosophe chinois Yuk Hui, si les mythes fondateurs sont différents, comment la technologie pourrait-elle être universelle ? 
Des villes de Tombouctou au Grand Zimbabwe, de l’empire du Bénin à la bibliothèque d’Alexandrie, un avenir est en train de naître de l’intersection entre les anciens réseaux de connaissances et ceux qui émergent.  Les pratiques artistiques et recherches actuelles liées à l’Afrique abordent la technologie avec un large éventail de méthodologies conceptuelles et créatives à travers les questions que soulèvent l’afrofuturisme, le colonialisme algorythmique, l’extractivisme, les méthodes de guérison, les systèmes divinatoires ou l’activisme digital. 

ARTISTES :

. Francois Knoetze - Afrique du sud - https://francoisknoetze.com
Lancement du Symposium Digital Earth. Venez assister à la projection du film de participant de Digital Earth, Francois Knoetze introduit par Oulimata Gueye à l’Institut français - mardi 18 Juin - 18:50 et à la performance le mercredi 19 Juin – 14:30 au Musée des civilisations noires Participant de Digital Earth, Basé à Cape Town, Francois Knoetze est un artiste dont les performances, vidéo et sculptures explorent les cycles de vie des objets de consommation et les connections entre histoire matérielle et sociale. Son projet « Core Dump » se déroule à Kinshasa, Shenzhen, Karlsruhe, Chengdu, New York et Dakar. Cette série de vidéos explore la relation entre la technologie numérique et le colonialisme, en considérant le caractère extractif de l’industrie de la technologie et ses origines en RDC, le déversement de déchets électroniques sur la côte ouest africaine et la manière dont les notions de « progrès » et de « mécanisation » sont faussement représentées comme des produits de l’Ouest, au mépris de la contribution historique de l’Afrique, dans la chaîne d’approvisionnement actuelle.

. Dilman Dila – Ouganda - http://www.dilmandila.com Lancement du Symposium Digital Earth. Venez assister à la projection du film de participant de Digital Earth, Dilman Dila introduit par Oulimata Gueye à l’Institut français - mardi 18 Juin - 18:30 Participant de Digital Earth, Dilman Dila est un écrivain, conteur et réalisateur ougandais. Son travail est basé sur l’utilisation des fractales mathématiques africaines dans l’algorythme de contrôle des gênes anti-matalariques. Il est fasciné par les savoirs des communautés pré-coloniales ougandaises et la façon dont les populations ont géré la maladie pendant des centaines d’années. A la recherche de systèmes de connaissances locaux pouvant offrir des solutions pratiques, Dilman Dila crée des histoires de science-fiction pour présenter une vision alternative du passé et remettre en question le système actuel qui privilégie les solutions étrangères plutôt que l’expertise locale.

. Jonhatan Dotse – Ghana - https://www.afrocyberpunk.com Participant de Digital Earth, Jonathan Dotse vous présente sa recherche "Généalogie de la magie : reconstruire les systèmes de connaissances africains en utilisant l’hypermédia numérique"– Venez assister à la présentation au Musée des Civilisations Noires, le mercredi 19 Juin – 15:25
Jonathan Dotse est un écrivain de science-fiction et artiste hypermédia basé à Accra, au Ghana. Il a créé le blog AfroCyberPunk, plateforme d’exploration du potentiel de la science-fiction africaine et des récits spéculatifs. Les recherches de Jonathan portent le rôle potentiel du numérique dans la reconstruction des systèmes de savoirs africains traditionnels. Elles prennent la forme d’expériences interactives qui examinent comment ces systèmes peuvent être traduits par des formats médiatiques traditionnels et contemporains en des expériences hypermédia totalement immersives.

. Tabita Rezaire – Guyane - http://www.tabitarezaire.com Participante de Digital Earth, Tabita Rezaire vous présente son film ’Mamelles Ancestrales’ – Venez assister à la projection au Musée des Civilisations Noires, le mercredi 19 Juin - 16:00

Tabita rezaire est une artiste franco-guyano-danoise dont l’art se déploie à l’intersection de la pensée féministe, de la métaphysique, de la politique et de la technologie. S’inspirant des cercles de pierre sénégambiens, de l’archéologie, de l’astronomie, de la numérologie et de la compréhension africaine du cosmos, son œuvre Mamelle Ancestrales s’attache à établir des voies entre le ciel et la terre et les vivants et les morts dans un monde où corps célestes, formes de vie organiques et esprits chantent ensemble. Elle examine les méthodes et recherches des ancêtres pour comprendre les cieux. L’œuvre est conçue visuellement comme une sorte de méditation sur l’espace, faisant appel à la théorie et aux interprétations cosmologiques africaines pour dégager les voies de communication entre le cosmos et l’humanité.

. Rukki Bukki par Selly Raby Kane & Ami Weickaane - https://sellyrabykane.com Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 – 15:00

RUKKI BUKKI est une expérience immersive et une performance de mode basée sur une science-fiction écrite par Selly Raby Kane. Elle est l’allégorie d’une thérapie postcoloniale, axée sur la rencontre du savoir curatif ouest africain, de la biotechnologie, de la médecine ésotérique et de la neuro-technologie. L’idée générale est de redéfinir, grâce à la thérapie, un domaine spécifique d’apprentissage, de création et d’élévation de la jeunesse du continent, un espace en corrélation avec les exigences de son contexte, la singularité de sa trajectoire et la définition de son avenir en tant qu’ensemble.

CONTRIBUTEURS :

. Oulimata Gueye - https://xamxam.org Institut français Mardi 18 – 10:00 & Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 – 11:00 Mentor Digital Earth - Oulimata Gueye est critique et commissaire indépendante. Elle travaille sur les cultures numériques en Afrique. Parmi ses domaines d’investigation, elle développe Africa sf, sur les liens entre fictions, cultures numériques, sciences et utopies. En 2018, elle a été co-commissaire du festival Afropixel #6 Utopies Non Alignées à Dakar, de l’exposition Digital Imaginaries. Africas in production au ZKM à Karlsruhe et du cycle Afrocyberféminismes à la Gaité lyrique.

. Tegan Bristow Institut français Mardi 18 – 10:00 & Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 – 11:00 Mentor Digital Earth, - Née en 1977 à Johannesburg, le Dr. Tegan Bristow partage son travail entre des projets artistiques dans les arts numériques et des médias, ses activités de chercheuse, d’enseignante (au département des arts numériques à la Wits School of Arts de l’Université de Witwatersrand, Johannesburg) et de curatrice (Fak’ugesi African Digital Innovation Festival, Johannesburg, Post African Futures à la Goodman Gallery à Johannesburg et actuellement pour le Centre for the Less Good Idea, Johannesburg).

. Massamba Gueye - facilitateur Institut français Mardi 18 – 18:30 & Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 – 10:00 à 15:00 Le Dr. Massamba Guèye, chercheur au Laboratoire des Études Africaines de l’Université Cheikh Anta DIOP est aussi un écrivain, conteur, poète et critique littéraire. Fondateur de la Maison de l’Oralité et du Patrimoine Kër Leyti, ancien Directeur Général du Théâtre national Daniel Sorano, il est aussi Conseiller Technique du Président de la République du Sénégal et expert artistique à la section théâtre pour pour (OIF) et référent national pour le Patrimoine immatériel (UNESCO). Il a également été professeur, a réalisé de nombreuses émission radiophonique et télévisuelles.

. Maya Varichon - facilitatrice El Zanaty est commissaire indépendante, commissaire associée à l’Espace Médina et membre fondatrice de plusieurs collectifs dont NowNow et Les Petites Pierres. Basée à Dakar depuis 2005, elle a été membre de l’équipe curatoriale de Simon Njami pour la Dak’art biennale 2018, a dirigé le festival Interférences (2012-2014) et la programmation culturelle du British Council de Dakar (2018-2012). Titulaire d’un Master en Histoire de l’Afrique et sciences politiques, elle est doublement alumni de la RAW Academie, avec Chimurenga et Koyo Kouho.

. Lamane Mbaye Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 – 12:15 Lamane Mbaye est un enseignant et chercheur, membre de l’école doctorale ARCIV de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il a réussi à produire, depuis l’avènement des Études Africaines au 19ème siècle , une théorie du statut et de la fonction du griot dans nos sociétés historiques et modernes. Monsieur Mbaye décrit l’art du griot et établit la généalogie des grandes familles d’artistes du monde wolof. Il conduit des enquêtes de terrain et a participé à plusieurs séminaires et congrès au Sénégal et à l’étranger. Il est membre de l’association scientifique : le Réseau Eurafricain de Recherche sur les Épopées. Bado Ndoye Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 - 11:20 Né en 1960, Bado Ndoye en un pécialiste en phénoménologie, épistémologie et histoire des sciences, Après avoir enseigné la philosophie pendant une dizaine d’années au secondaire, il est aujourd’hui maître de conférences à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Si ses travaux portent pour l’essentiel sur la phénoménologie husserlienne, l’histoire des sciences et la philosophie politique, il se passionne également, depuis dix ans, pour la philosophie africaine et les théories décoloniales.

. Lionel Manga Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 - 11:20 et 16:40 Féru de physique quantique, de cosmologie, de mathématiques, de thermodynamique et de biologie moléculaire, Lionel Manga est l’auteur de L’Ivresse du papillon, essai sur l’art contemporain paru au Cameroun , en 2008. En 2012-2013, il participe aux Scénographies Urbaines à Dakar. Cet incurable ovni a fourni, avec un aréopage d’écrivains francophones, le Tombeau pour Aimé Césaire, publié en Janvier 2017. Contribuant parallèlement aux revues Mouvement, Riveneuve Continents, il collabore depuis 2007 avec LABORATOIRE, atelier de recherche et création artistique basé à Grenoble, et a donné en 2010 au Quai Branly, deux conférences dans le cadre du Jubilé des Indépendances. Au printemps 2018, il a co-dirigé, avec Dominique Malaquais, le séminaire Cosmocides à l’EHESS.

. Aïsha Conte Musée des Civilisations Noires Mercredi 19 – 18:00 - https://www.nyarabio.com D’origine guinéenne, sénégalaise d’adoption, Dr Aïsha Conte est devenue pharmacienne par vocation, par goût de l’échange et de l’alchimie entre les composants des remèdes pour le corps et l’esprit. Avec l’ouverture de sa boutique et label NYARA le résultat de la synthèse de ses aspirations professionnelles, artistiques, sociales et citoyennes. Situé au cœur de Dakar, ce projet qui allie la cosmétique, le bien-être corporel, la poterie et l’artisanat ancre son économie sur des principes de développement locaux et éco-citoyens.

PARTENAIRES :

JPG - 201.8 ko