ANNA RAIMONDO

Kër Thiossane a invité durant les mois de Mars et Avril 2013 Anna Raimondo, artiste italienne travaillant avec le son (Radiophoniques) autour du contenue socio-politique.

Biographie

Anna Raimondo est une artiste et commissaire indépendante diplômée d’un Master en Art Sonore en 2012 au London College of Communication, dont son oeuvre a été présentée au niveau international. Ses travaux radiophoniques ont été diffusés sur les ondes en France et en Belgique (émission ‘Jusqu’ici tout va bien’, produite par Radio Grenouille, Marseille), ainsi qu’en Autriche (Kunst Radio et Radio Orange), en Espagne (Radio Nacional de España), en Italie (Radio Popolare Network, Radio Pan et Radio Papesse), en Allemagne (Deutschland Kultur), mais aussi en Angleterre (Resonance Fm). Elle a aussi participé à différents festivals, dont “Nouza Fennhia” à Casablanca ou “Paraphrasing Babel” à Maastricht. Aujourd’hui, elle participe à la mise en place d’une plateforme d’art radiophonique et sonore au Maroc : Saout Radio, dont elle est la co-éditrice avec Younes Baba Ali. Elle a aussi initié avec Amélie Agut le projet Echoes, qui interroge la mémoire sonore des lieux par le biais du langage radiophonique. Ses projets curatoriaux ont été présentés sous différents formats (programmes radios, séances d’écoutes, expositions) dans différents types de structures (du V&A Museum à Londres jusqu’au “Cube-Independent Art Room” à Rabat, Maroc).


Durant sa résidence Anna Raimondo a réalisé avec la complicité et le soutien de Kër Thiossane trois performances :

- Sans titre (un inconnu, l’eau et ce que je suis)
- Présentation Skin Voice
- Paris (à) Dakar

A chaque fois, par le biais du son, elle interpelle les autres, les passants, les habitants, les habitués des lieux mais aussi les auditeurs de la radio Manore FM (La voix des Femmes)

Présentation Performances :

Sans titre (un inconnu, l’eau et ce que je suis)
Une performance d’Anna Raimondo, 2012.
Texte par Maria Iñigo Clavo.

Etre ou ne pas être.
L’identité s’est convertie en un espace politique par excellence mais aussi en un des lieux les plus mouvants. Contre les anciennes théories de l’être, les théories féministes post-structuralistes défendent une identité indéfinie, mobile, portative : en réponse aux anciennes théories psychologiques elles montrent comment, précisément, les catégories figées sont des symptômes de pathologie et que c’est la non définition qui démontrerait la force et la santé.

Anna Raimondo est consciente que chaque définition est une délimitation, une frontière en soi-même, quelque chose qui unit mais qui sépare à la fois, qui peut être perméable. Une inconnue remarque que chacun de ses essais de se définir comme femme, féministe, italienne, artiste reste frustré. Un inconnu quelconque face à laquelle l’artiste essayerait de se définir. Chaque mètre cube d’eau qui tombe sur elle contient l’innocence et la violence de la plaisanterie, c’est une agression, c’est une humiliation mais aussi un jeu dans lequel l’artiste réussit à obtenir la complicité de la personne qui se trouve en face et qui exige d’elle sa (ré)présentation. Se mouiller, se faire baptiser, ce qui est aussi une frontière, un rite d’initiation mais cette fois-ci de ce qui ne peut pas se fixer. Cette action se déroule comme une ritualisation d’une des questions politiques les plus complexes à résoudre dans l’actualité : si l’identité s’est convertie depuis des années en un champ de bataille pour les revendications politiques, que se passera-t-il si nous n’arrivons pas à trouver les espaces dans lesquels nous pouvons nous définir ?

Skin Voice
(Voix –peau)

Une performance radiophonique d’Anna Raimondo.

Lundi 1er Avril 2013 à Radio Manoré, Dakar
Avec Elhajdi Kandé Sagna.

La voix est comme la peau. C’est l’interface entre moi et toi, entre toi et l’autre. Voix et peau sont miennes, sont dedans. Voix et peau sont ce que me lie à toi, sont ce que tu perçois, sont dehors. C’est à travers la voix que mes pensés deviennent ce que tu écoutes, c’est à travers la peau que tu pourrais me voir et toucher.

Mais à la radio il n y a pas de peau, il y a que ma voix. Comment les auditeurs m’imaginent, en écoutant ma voix ? Comment leurs voix construisent mon corps ? Comment leur participation active articule mon être radiophonique, en faisant l’émission ?


“Paris (à) Dakar”
Ballade sonore proposée par Anna Raimondo

Enregistrements :
Hélène Cœur
Lucie Geffroy

Montage et mixage :
Anna Raimondo

“Paris (à) Dakar” est une ballade sonore collective, une invitation à marcher ensemble au long de la rue Sicap II Liberté, en suivant les pas enregistrées à Paris. Les participants -dont les habitants du quartier - écoutent par le biais de leurs téléphones portables les pas de Paris composés dans une pièce sonore et ainsi incorporent le rythme de la capitale franaise, en le transposant dans le contexte urbain et architecturel de Sicap II. « Paris (à) Dakar » est une expérience d’écoute individuelle et collective à la fois, qui ouvre un espace- temps éphémère pour se ré-imaginer et transformer ce que nous entoure par le biais du son.